Baronville. Ses seigneurs et son château

Plan du domaine avant la Révolution (AD 28).
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BARONVILLE
SES SEIGNEURS ET SON CHÂTEAU

L’origine de Baronville (terre de la commune de Béville-le-Comte, canton d’Auneau, Eure-et-Loir) paraît, d’après son nom même Baronis villa (domaine du baron) remonter à l’époque du Bas Empire. C’est, en effet, à ce moment que furent créés les premiers varons où barons (hommes forts), barbares soumis aux Romains et chargés par eux de la garde des marches de l’Empire.

Ces barons, seigneurs essentiellement militaires, ne devenaient propriétaires des terres qu’ils occupaient que par prescription quindécimale ; ainsi qu’il est expliqué dans le Code des Burgondes, titre LXXIX, et c’est peut-être à cette origine que nous devons la situation assez étrange où se trouvait le fief de Baronville au moment où la famille de Prunelé en était possesseur au XIVe siècle, époque à laquelle commence la partie historique qui nous est actuellement connue.
En effet, nous voyons que la châtellenie avait ses seigneurs particuliers vassaux de la baronnie d’Auneau, alors que les terres dépendaient de la seigneurie de Béville-le-Comte, vassale du comte de Chartres. Le château de Baronville semble avoir appartenu tout d’abord aux seigneurs de Machery, ont le premier connu était Robert, seigneur en 1232. La seigneurie de Machery, par le mariage de Philippe de Machery, fille de Guillaume de Machery, écuyer, et de Marguerite de Coutes avec Guillaume V de Prunelé, écuyer, passa définitivement dans cette famille le 6 janvier 1394.

En 1403, Guillaume de Prunelé fait foi et hommage à la baronnie d’Auneau pour Machery et Ouarville, dont sa femme avait hérité par la mort de son oncle, Philippe de Guyancourt, seigneur de Gazeran et d’Ouarville. Guillaume V de Prunelé ayant été tué à Azincourt, le 25 octobre 1415, son fils, Guillaume VI, hérita de ces seigneuries, qu’il joignit à celle d’Herbault, que sa famille possédait déjà en 1226. Guillaume VI de Prunelé, capitaine de Bonneval, épousa en premières noces Bertrande d’Illiers et en secondes noces Marie de la Chapelle.
De son premier mariage, il eut :
1° Guillaume VII de Prunelé, seigneur d’Herbault, prés de Blois.
2° Pierre de Prunelé, seigneur d’Ouarville, de Voise, de Machery et de Baronville mort avant 1494 ; qui suit ;
3° Jehanne de Prunelé, femme de Pierre de Cugnac, seigneur d’Ymonville, grand maître des Eaux et Forêts de Normandie ;
4° Jean de Prunelé, prieur de Saint-Nicolas d’Auneau en 1489.

Pierre de Prunelé, écuyer, avait épousé (janvier 1466), Anne de Tillay, dame de Brano, veuve de Michel de Beauvilliers, dont il eut trois enfants.
1° Antoine de Prunelé, écuyer, seigneur d’Ouarville-en-Beauce, Machery, Chavernay, Éveville, Ensonville, Gommerville, Châteauvieux, Courbenton, qui suit :
2° Françoise de Prunelé, épouse de Jehan de la Chapelle-Voisin, écuyer, seigneur de la Troussière-au-Maine ;
3° Louise de Prunelé, morte sans alliance, religieuse à Saint-Avit.

Antoine de Prunelé épousa en premières noces Jeanne de Mornay-Achères et en seconde noces Marguerite de Refuge. A la mort de son père, il reçut, en partage, le 10 mars 1494, les terres et les seigneuries de Baronville, tenue par défaut de foy par le seigneur de la Roche-Guyon et d’Auneau, dont cette terre était vassale. Il mourut avant la fin de 1522. Il avait cédé Baronville à son cousin François de Prunelé, seigneur d’Herbault, fils de Guillaume VII, qui, lui-même, avait transmis les terres et seigneurie à Marin Richard et Hugues le Maire, huissiers du chapitre de Chartres.

Mais Antoine de Prunelé fit valoir son droit de retrait lignager par sentence rendue le 2 septembre 1508.
Il avait eu, de son mariage avec Anne de Mornay, quatre enfants :
1° Hugues de Prunelé, seigneur de Baronville et Ouarville, mort sans alliance ;
2° Jacques de Prunelé, écuyer, seigneur de Châteauvieux, Ouarville et Courbenton, époux de Jeanne de Fontenil ;
3° Claude de Prunelé, femme en 1526 de Gallois d’Eschelles, seigneur de Miermagne ;
4° Françoise de Prunelé, femme en 1521 de Jean de Villiers, seigneur de Chavernay-le-Petit.

Le 20 décembre 1522, Hugues de Prunelé vendit à Gervaise Vallet, bourgeois de Chartres, ses biens, fief, terre et seigneurie, métairies et manoir de Baronville, sis en la paroisse de Béville-le-Comte, avec les cens, rentes, vassaux et arrière-vassaux qui en dépendent, pour la somme de 1.120 l. t. Ce marché fut confirmé en 1525 par devant Joachim David, substitut de Michel Grégoire, tabellion. Gervaise Vallet, bourgeois et marchand de Chartres, était un gros financier ; c’est lui qui, en 1530, prête à la Ville de Chartres 1.500 I. t. au moment de la disette. Hugues de Prunelé étant mort non marié et sans enfants, la seigneurie de Baronville passa tout entière entre les mains de Regnault de Gyvès, qui était déjà co-seigneur pour une partie des terres. En effet, ainsi que nous l’avons dit au début de cette étude, une partie des terres de Baronville dépendait de Béville-le-Comte et, par suite, du comte de Chartres. Cette partie des terres, qui ne paraît pas avoir eu droit de seigneurie, était au XVe siècle entre les mains de Jacques Bauldry, échevin bourgeois de Chartres.

Celui-ci avait eu de sa femme, Hélène Broisset, cinq enfants :
1° Jehan Bauldry, lieutenant général, seigneur de Baronville, mort sans enfant avant 1503 ; 2° Louise Bauldry, épouse d’Antoine de Gyvès, procureur du Roi, seigneur du Mesnil-Fouchert ; 3° Gilles ou Guillet ;
4° Marion, femme de Jehan Jouet ;
5° Catherine, femme de Colin de Moulins, le jeune.

Antoine de Gyvès étant mort vers 1464, la succession de Jehan Bauldry, recueillie par Louise Bauldry, passa au fils unique Regnault qu’elle avait eu d’Antoine de Gyvès. Regnault de Gyvès, né en 1459, prévost de Chartres, licencié-ès-lois, fit le 27 octobre 1503 « offres au comté de Chartres pour raison des champarts et de la censive de Baronville, les dits champarts se montant à 9 muids de grains et la censive à 6 1. t., le tout tenu en fief du Roi à cause de son Comté de Chartres, escheus au dict de Gyvès par le deceds de feu Jehan Bauldry, lieutenant général du bailly et de damoiselle Louise Bauldry, sa sœur, mère du dict de Gyvès ». Regnauld de Gyvès, devenu seigneur de Couttes par sa femme Jeanne Cadou, mourut en 1524, laissant quatre enfants :
1° Marguerite de Gyvès, épouse de Pierre de Montescot en 1496 et de Jacques Blanchard en 1505 ;
2° Magdelaine de Gyvès, épouse de Jehan le Tonnellier, seigneur de Bourneville (commune de Guillonville) ;
3° Michel de Gyvès ;
4° Pierre de Gyvès.

Michel de Gyvès, licencié-ès-lois, avocat au Grand Conseil, curé de Dammarie, puis de Saint-Michel de Chartres, Président à Grenoble, était seigneur de Gas et de Baronville.
Le 9 octobre 1528, il passe procuration à son frère Pierre de Gyvès, alors conseiller du Roi et prévost à Chartres « pour prendre possession des biens et héritages à lui eschuz par le deceds de feu Messire Regnault de Gyvès, prévost de Chartres, son père, et particulièrement des terre et seigneurie de Baronville et aultres terres partagées entre eux ». À peine en possession de cette procuration, Pierre de Gyvès s’empressa de vendre Baronville à Jehan Boulehart, chevalier seigneur du Chesne et de Platel et à dame Marie Brichanteau, sa femme. Le 8 mai 1539, Pierre de Gyvès étant mort, Michel de Gyvès fit faire la rétrocession de ces biens par retrait lignager, et légua le tout à son neveu, Jacques de Gyvès, qui l’avait accompagné à Grenoble.
Demoiselle Bienvenue de Champrond, veuve de Pierre de Gyvès, trouva la situation fort embarrassée. Son frère, Michel de Champrond, avait prêté sur hypothèques des terres de Baronville, et sa veuve Anne de Connan, garde de leurs enfants, s’opposa à la vente aux criées de la terre, cens et champart de Baronville, achetés par André Motherel, chanoine de Chartres le 26 mai 1545.

Pierre de Gyvès avait eu, de Bienvenue de Champrond, quatre enfants :
1° Jean-Jacques de Gyvès ;
2° Regnault de Gyvès ;
3° Jacques de Gyvès, non marié ;
4° Marie de Gyvès, religieuse aux Filles-Dieu, le 20 avril 1547.

Le 5 mars 1556, Regnault de Gyvès, vicomte de Verneuil et Jacques de Gyvès, écuyer, seigneur de Senarmont hypothèquent de 1.500 l. t. la terre de Baronville au profit de Michel de Saint-James, marguillier de Notre-Dame de Chartres, lequel transporta sa créance à Marie-Germain, veuve de M. Étienne Simon ; de telle sorte que, le 20 mai 1564, le dit de Saint-James s’oppose aux criées poursuivies au Parlement de Paris par cette autre créancière subrogée au droit de Jehan Peron, pour la terre de Baronville, appartenances et dépendances.

Jean-Jacques de Gyvès et Jacques de Gyvès moururent sans postérité.
Ce fut leur frère, Regnault de Gyvès, qui hérita de Baronville et de la vicomté de Verneuil.
De son mariage avec N. de Courdemanche, il eut quatre enfants :
1° Étienne de Gyvès, seigneur de Baronville ;
2° N. de Gyvès, religieuse à Fontevrault ;
3° N. de Gyvès, aussi religieuse à Fontevrault ;
4° Christophe de Gyvès.

Le beau château Louis XIII brique et pierre bâti par le successeur des Gyvès. (Reconstruction au XIXe siècle).

Plan du domaine avant la Révolution (AD 28).

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