Étienne-Jean-François-Charles d’Aligre

Étienne-Jean-François-Charles d’Aligre

Descendant de la famille d’Aligre, Étienne-Jean-François-Charles d’Aligre est le fils d’Étienne-François d’Aligre et de sa seconde épouse Anne-Catherine-Louise Bauldry de Villaines. Né le 20 février 1770 à Paris, il décède le 11 mai 1847 dans cette même ville. Le marquis d’Aligre suivit son père dans l’émigration. Il rentra en France, vécut dans la plus grande discrétion en Normandie. À la mort de son père, il prit possession de l’immense héritage que ses ancêtres avaient laissé, et, lors de l’avènement de Napoléon Ier, accepta les fonctions de chambellan auprès de la princesse Bonaparte. Il avait été, l’année d’avant, nommé membre du conseil général du département de la Seine. Toutefois, il ne consentit jamais, malgré les plus vives instances de l’Empereur, à donner sa fille en mariage au général Arrighi, duc de Padoue. Deux fois président du collège électoral d’Eure-et-Loir, le marquis fut un des commissaires chargés de recevoir Louis XVIII à son entrée dans Paris (1814). La Restauration l’appela, le , à la dignité de pair de France. Il inaugura sa pairie à l’occasion du procès du maréchal Ney : à l’appel nominal qui eut, lieu, dans la séance du 6 décembre, sur l’application de la peine, d’Aligre fut le premier des cinq membres qui s’abstinrent courageusement de prendre part au vote. Pendant toute la durée de la Restauration, partisan dévoué de la monarchie constitutionnelle ; aussi, après les journées de Juillet 1830, fut-il du nombre des pairs que le gouvernement du roi des Français conserva dans la Chambre haute. Il y siégea jusqu’à sa mort. Sa fortune était considérable, il possédait 21 000 hectares de terre jusque dans la région de Bordeaux. Déjà propriétaire des châteaux de la Rivière (Pontgouin) et de Baronville (Béville-le-Comte), du vignoble bordelais Margaux-Bel-Air-Marquis d’Aligre, il acheta le château des Vaux (Saint-Maurice-Saint-Germain) en 1804. Il n’eut qu’une fille de son premier mariage avec Marie de Godefroy de Senneville, nommée Étiennette d’Aligre, qui épousa Michel-Marie, marquis de Pomereu. Il obtint la transmission de son nom, majorat, et de ses titres au profit de son petit-fils Étienne-Marie-Charles de Pomereu, qui devint « de Pomereu d’Aligre ». Le Marquis d’Aligre fit preuve d’une immense générosité et fut à l’origine, avec sa seconde épouse Louise Charlotte Aglaé Camus de Pontcarré, de la fondation d’Aligre, de Lèves, de l’hôpital de Bonneval, ainsi que d’autres hôpitaux et asiles à Château-Chinon, Marans, Bourbon-Lancy.

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